On entend et on lit souvent que le Low Code est reservé aux développements sans valeur ajoutée, en opposition aux développements IT classique avec code. Est-ce la réalité ? Au contraire, l’utilisation du Low Code ne serait-elle pas un accélérateur d’efficacité et d’innovation pour les entreprises ?
Dans cet article, nous démontrerons pourquoi cette idée reçue est erronée et comment le Low Code, en plus de générer de la valeur peut aussi révolutionner le paysage technologique en entreprise.
I. Rappel sur le low code
Le Low Code est une méthode de développement nécessitant peu de code (mais un peu quand même 😊). On utilise des interfaces graphiques pour créer et paramétrer des applications et/ou des flux.
On peut voir le Low Code comme un cousin du « shadow IT » car cela fait longtemps que les métiers ont pallié, comme ils pouvaient, au manque de réactivité de leur DSI (qui doit répondre à des contraintes importantes en termes de processus et de sécurité).
Avec le Low Code, l’IT a une chance de reprendre la main sur ce shadow IT. La DSI met ainsi à disposition un environnement sécurisé pour laisser libre cours aux initiatives métiers.
II. Low Code est « sans valeur ajoutée » ? Pourquoi certains le pense ?
Il faut comprendre à travers « sans valeur ajoutée » une critique sur la légitimité de ces développements.
En effet, l’aspect « sans code » peut créer la confusion et inviter à penser que ces développements sont plus faciles à mettre en place, donc sans intérêt et pas « sérieux ».
En réalité, les solutions mises en place avec le Low Code pourraient tout à fait être adressées par des développements code. Les cas d’usage du Low Code vont seulement être plus limités : les entreprises vont souvent éviter d’utiliser le Low Code (dans sa version utilisée par les équipes métiers) si des connexions à certaines applications sensibles et extérieurs doivent être utilisées. Ces dernières seront souvent limitées pour des raisons de sécurité – et éviter les fuites de données.
Les cas d’utilisation du Low Code sont par nature sérieux puisqu’ils répondent à des besoins. La prise en main des plateformes de Low Code n’est pas si simple, et leur maîtrise sur le bout des doigts démontre une réelle expertise en la matière. Honnêtement, je doute que beaucoup de profils sans appétence pour les sujets techniques soient des utilisateurs de ces plateformes, surtout qu’on tombe dans l’utilisation de « code » assez rapidement (manipuler du Json, utiliser des requêtes, écrire des scripts, des formules…).
III. Pourquoi le Low Code a de la valeur ajoutée ?
1. Une réponse précise aux besoins métiers réels
« On n’est jamais mieux servi que par soi-même ». Cet adage s’applique aussi au Low Code. L’avantage des solutions proposées par le Low Code est d’être développée par des personnes au plus près des problématiques métiers, voire par la personne qui va utiliser la solution.
Un collaborateur qui automatise une tâche qui lui prenait plusieurs heures par mois voire par semaine se libère du temps pour réaliser d’autres tâches. C’est de la valeur ajoutée.
2. Une accélération des cycles d’innovation à faible coût
Le Low Code offre aussi de la rapidité dans la réalisation. On peut réaliser un POC en une demi-journée, l’ajuster en temps réel. L’équipe métier peut tester et innover à son propre rythme sans dépendre d’autres équipes. L’innovation, c’est de la valeur ajoutée.
Les plateformes Low Code ne sont pas gratuites, loin de là. Cependant, les DSI font un appel extensif aux consultants qui représentent d’importantes charges. Elles ont également mis en place des centres de développement offshore. Ces derniers demandent un staffing conséquent en interne. L’économie réalisée par le Low Code c’est aussi de la valeur ajoutée.
3. Une meilleure collaboration entre métiers et IT
Le Low Code va également tendre vers une décentralisation de l’IT. Même si les « citizen dev » ne sont pas techniciens, ils ont forcément une appétence en la matière et l’IT devra leur communiquer des bonnes pratiques, suivre les solutions mises en place. Ce partage de connaissances va, sur le long cours, réduire les silos entre IT et métiers – voire entre les différents métiers.
La répartition des développements métiers vs IT sera probablement déterminée en fonction d’aspects de sécurité et de la technologie à adopter (qui dépendra de nombreux facteurs). Charge à chaque entreprise de créer ses propres règles.
Un paysage IT plus coopératif c’est également une valeur ajoutée pour les entreprises.
4. Une réallocation des ressources vers des sujets cruciaux
Les équipes IT, déchargées des demandes opérationnelles pouvant être couvertes par les citizen devs, ont plus de temps pour attaquer des aspects souvent arbitrés comme l’obsolescence (ce n’est jamais une urgence jusqu’à ce qu’il ne soit trop tard). Ça aussi, c’est de la valeur ajoutée.
En conclusion, le Low Code est loin d’être sans valeur ajoutée, au contraire. Il est l’avenir du digital en entreprise en répondant aux défis actuels : vitesse, agilité, collaboration et innovation.
Il doit être reconnu, valorisé et correctement encadré par les directions IT (plateforme sécurisée selon la politique interne). Les citizen devs doivent même sûrement être considérés comme des membres d’une DSI étendue.

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